Virginie, la coach qui va vous faire aimer le lundi!
- par Nilay Inmeler
- 14 janv. 2019
- 16 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 janv. 2019

On dit souvent que le hasard fait bien les choses. Ma rencontre avec Virginie confirme à du 1000% ce dicton. J'étais en pleine recherche sur LinkedIn d'un accompagnateur, coach (appelez-ça comme vous voulez), bref d'un spécialiste qui m'aiderait dans mes démarches de reconversion professionnelle lorsque l'algorithme du site m'a menée jusqu'à son profil. Plus que son parcours, c'est surtout le nom de sa société qui a titillé ma curiosité "Vivement Lundi !". Ca m'a immédiatement parlé. Alors j'ai cliqué et je suis tombée sur son site web. Ouf, ce que je craignais le plus n'est pas arrivé! Je n'étais pas face à un de ces coaches gourous webmarketeurs qui vous promettent de changer votre vie pro en un claquement de doigt le tout saupoudré d'une ambiance ésotérique. Que du contraire, ici on parlait de construire un projet inspirant et réaliste (mot très important pour moi), d'outils classiques de bilan de compétences mais aussi de méthodes plus innovantes. Pour résumé, cette vitrine donnait et respirait la confiance. Et hop, voilà, j'étais plus que convaincue, le formulaire de contact pour une prise de rendez-vous était envoyé.
Très vite, la rencontre était fixée, et je suis arrivée chez ma future coach avec mes gros sabots et mon mindset orienté résultats ( que voulez-vous, dix années dans le privé, ça laisse des traces), j'ai directement mis les pieds dans le plat "Je vais être franche, si avec votre accompagnement, je ne trouve pas réponse à mes questions et surtout si je ne trouve pas vers quelle voie je veux me diriger, j'arrête toutes ces histoires de reconversion et je vis ma vie tranquille métro/boulot/dodo, je n'ai vraiment pas envie de faire la tournée des coaches de Bruxelles!"(Oui, j'assume, j'ai dit ça). Elle aurait pu me montrer poliment la direction de la porte de sortie. Au lieu de cela, elle a deviné ce que cachait cette demande, elle a été à l'écoute de mes attentes et m'a proposé avec beaucoup de bienveillance un travail dans lequel on explorerait mon envie de reconversion sous un angle de vue plus intuitif et en laissant parler mon coeur. Le contrat entre nous était signé. Et surtout ce jour-là, j'étais loin de m'imaginer qu'avec l'aide de cette grande professionnelle passionnée par l'humain, tout apparaitrait comme une évidence.
Pourtant, notre consoeur Virginie Lambert, accompagnatrice en épanouissement professionnel, chercheuse enthousiaste de justesse et de sens n'a pas débuté sa carrière comme cela. Elle est à la base ingénieure architecte. Ses parents et ses profs n'ont pas vraiment pris en considération son désir d'étudier la psycho pour être au service de la personne. Elle a été fortement poussée dans le dos dans un cursus plus élitiste d'ingéniorat. Virginie a ,déjà à l'époque, cette intuition que ce n'est pas sa voie de "coeur". A 25 ans, elle entreprend un voyage en Asie d'une année (avec sac à dos et tout) , là un premier déclic a lieu, elle se connecte à ses valeurs , à ce qui est important à ses yeux. Elle comprend que dessiner des extensions et des maisons à longueur de journée ne la satisfait pas et s'oriente vers des métiers en amont, au service de son secteur. Ensuite, toujours en quête de sens, un peu avant 30 ans, elle fait un premier cheminement de bilan professionnel. Elle ose via ce bilan mettre le doigt sur ce qui est juste pour elle: l'accompagnement des personnes. Tout ce parcours l'amène à tordre son diplôme pour être cohérente avec ses aspirations, pour être "au service d'une cause". Elle se retrouve donc dans l'administration publique, elle est chargée d'un poste dans l'environnement et le développement durable. Hyper impliquée, perfectionniste, elle s'engage à fond et en tant que responsable d'équipe, travaille au déploiement des projets et des collaborateurs qu'elle coordonne. En plus, elle se forme sur le côté, avec toujours cette envie omniprésente d'accompagner les personnes. Malheureusement, l'épuisement professionnel la guette et Virginie tombe en burn-out. Retapée et remise sur pied de ce douloureux épisode, elle se décide enfin à lancer son projet: elle se met à son compte et propose d'accompagner toute personne dans son cheminement professionnel.
Pour tout vous dire, avec Virginie, j'aurais pu parler pendant des heures tellement le sujet de la reconversion et le coaching ( très en vogue, faut le dire!) sont passionnants. D'autant plus que plusieurs d'entre vous, entreprennent une voie dans le coaching ou sont déjà coach (petit clin d'oeil à mes suiveuses au passage) et forcément seront très intéressées par ce portrait. Aujourd'hui, grâce à sa contribution tout en nuances , en plus de parler de son parcours d'entrepreneure, nous allons explorer ce qu'est le métier de coach et terminer par ce qu'implique une reconversion professionnelle. Alors les filles, il n'est pas beau ce programme?
Son parcours
Nilay: Virginie, lors de mon accompagnement, vous m'aviez expliqué que l'on retrouvait dans nos parcours avant et après une reconversion une base commune. Basculer d'ingénieure architecte à coach, c'est assez surprenant, vous nous expliquez?
C'est vrai, aussi étonnant que cela puisse paraître de l'extérieur, je peux aujourd'hui reconnaître les bénéfices de ma formation d'ingénieure architecte et la proximité avec le métier d'accompagnatrice ou de formatrice. Car ces 15-20 premières années de ma vie professionnelle m'ont permis aussi de côtoyer des univers professionnels, de déployer des compétences/des connaissances et de vivre des postures qui m'apportent beaucoup dans mon métier aujourd'hui.
Je m'explique : l'art de l'architecte est de se mettre à l'écoute du besoin de son client, d'entendre (parfois au-delà de sa demande) ses besoins, ses valeurs, ses intérêts et goûts. A mon sens, un bon architecte va percevoir la vie que son client mène ou souhaite mener, et quel sera le projet qui lui permettra de s'épanouir, en tenant compte de critères matériels et personnels. Il va chercher (avec son client) et faire émerger petit à petit ce projet. Cette formation m'a permis de développer et d'asseoir une sensibilité, une forme d'humilité (pour me mettre au service du projet / de l'autre), des compétences en terme d'organisation, d'avoir les pieds sur terre tout en étant capable de rêver, de transcender le quotidien. Ensuite, je me suis assez vite éloignée de ce métier, je souhaitais me mettre au service de la société et d'objectifs qui aient plus de sens pour moi. Cela m'a amenée à travailler dans le monde du développement durable pour un service public. En tant que manager, j'y ai vécu une autre forme d'accompagnement. Il s'agissait pour moi d'aménager les bonnes conditions pour que les personnes et les projets que je coordonnais puissent s'épanouir. En parallèle, je me suis beaucoup formée, ayant envie de donner de la place à l'accompagnement au sens propre. J'ai pratiqué en parallèle quand cela a été possible et j'ai pu petit à petit discerner ma "couleur" vers quoi je souhaitais vraiment aller. Il a fallu un burn-out il y a 6 ans pour enfin mettre ce projet en priorité dans ma vie professionnelle ! La suite a coulé comme une évidence.
Nilay: Pourquoi avoir voulu vous mettre à votre compte?
J'avais envie de liberté, d'indépendance, tout en étant en lien avec d'autres professionnels. Une envie de pratiquer avec la qualité et le temps à donner à chaque client comme je le souhaite. Et surtout de pouvoir continuer à me former et utiliser les méthodes qui me convainquent. J'ai pu aussi me libérer de certains freins (j'ai grandi dans un système familial où mes parents avaient une valeur de sécurité importante) ce qui m'a permis de passer le cap.
Nilay: Justement, comment vous êtes-vous libérée de ces freins?
Le plus important a été une forme d'évidence intérieure, un appel. Par ailleurs, j'ai travaillé sur mon besoin de sécurité. Je suis aussi dans un environnement soutenant: mon mari est indépendant et il a toujours eu ce sentiment de sécurité. Il ne sent pas plus en insécurité qu'un employé qui a un CDI et qui peut être licencié du jour au lendemain. Il est de nature optimiste, il se dit quoiqu'il arrive il y aura une solution et il saura se retourner!
Nilay: Avez-vous eu des doutes sur votre reconversion ?
Non. J'ai parfois des doutes sur les chemins à prendre ou les collaborations à poursuivre. Mais pas sur ma reconversion.
Nilay: Comment votre famille, votre mari et vos enfants ont-ils réagi à votre reconversion ?
Très bien ! Comme expliqué, j'ai la chance d'avoir un mari très soutenant et encourageant, avec qui je peux collaborer aussi. Mes enfants parlaient de ma reconversion comme si c'était la leur. Aujourd'hui, ils sont parfois plus réticents, car l'argent ne coule pas à flots, et que les ados qu'ils sont aimeraient plus d'aisance financière😉
Nilay: Je rebondis sur "l'argent ne coule plus à flots". Cela veut-il dire qu'en tant qu'indépendante vous gagnez moins que lorsque vous étiez salariée?
Oui certainement.
Nilay: Vous travaillez plus et vous gagnez moins....et cela ne vous dérange pas?
A terme, je pense que ça devrait être rééquilibré, mais j'ai une autre satisfaction et aujourd'hui, ce n'est pas très grave. C'est sûr que cela impose des concessions personnelles et familiales. Mais ça vaut le coup.
Nilay: Dois-je comprendre que vous êtes plus heureuse maintenant?
Certainement, je suis plus accomplie. Peut-être un jour reprendrai-je un mi-temps en tant qu'employée... je suis ouverte à cette possibilité. Si je retrouve un temps partiel dans une entreprise dans laquelle je peux vivre quelque chose qui me tient à coeur, dans le domaine de l'accompagnement, de la formation, je n'y suis pas opposée. Mais je garderai mon activité sur le côté, je n'ai pas envie d'enterrer tout ce que j'ai construit: cette autonomie, être responsable de ma propre affaire.
Nilay: J'ai une question pratico-pratique, combien de temps vous a-t-il fallu pour vous lancer à votre compte et créer "Vivement Lundi"?
A la fois 15 ans et 1 mois!
1 mois car à partir de l'instant où j'ai décidé de créer mon activité et de déposer mon numéro d'entreprise, cela s'est fait très rapidement. A un moment, il y a une sorte de maturité et le projet est prêt à éclore.
Et 15 ans car j'ai fait tout un cheminement, que le projet était en train de mûrir pendant toutes ces années. Je ne me suis pas réveillée du jour au lendemain en me disant "Tiens, je ferais bien de l'accompagnement professionnel".
Nilay: Beaucoup de femmes n'osent pas se lancer en tant qu'indépendante car elles prétendent ne pas avoir un sens commercial, ne savent pas comment attirer des clients ou se sentent perdues lorsqu'il s'agit de monétiser à juste valeur leurs prestations....Pour vous, dans votre parcours d'entrepreneure, qu'est-ce qui a été le plus difficile et qu'avez-vous appris comme « nouvelles » compétences ?
C'est un chemin en effet. Pour ma part, j'ai eu besoin que mes enfants grandissent, le choc du burn-out, le fait que je n'avais pas mon compte quand je suis retournée au travail et le fait d'avoir du temps pour enclencher le changement.
Pour ce qui concerne les tarifs, je pense qu'il s'agit de prendre en compte plusieurs facteurs: le temps presté, la valeur que l'on se donne/que le client "reçoit", les prix raisonnables du "marché" et la réalité de la vie d'indépendant (taxes, impôts, charges sociales, …).
De plus, même si j'ai un profil entreprenant, à la base je n'ai pas un profil commercial. Cela ne m'a jamais paru juste d'"attirer des clients", je préfère soigner le fond à la forme, je dis ce que je fais, et les personnes qui me connaissent et me voient dans des compétences et attitudes me recommandent à leurs connaissances. Comme je baigne depuis longtemps dans ce milieu de la formation et l'accompagnement, je n'ai pas eu à faire ma promotion, je connais beaucoup de personnes qui sont coaches/psys/thérapeutes et me conseillent quand un de leurs patients rencontre une difficulté professionnelle. Maintenant, j'apprends aussi à nuancer le côté commercial qui ne s'apparente pas forcément à vendre une encyclopédie à un illettré , il s'agit juste de montrer au client qui je suis et lui permettre de me rencontrer, d'être dans une offre de service et que cela répond à une attente, à un besoin.
Le métier de coach
Nilay: Je remarque via les réseaux sociaux, les médias, les femmes qui me contactent ou mon entourage que de plus en plus de gens se tournent vers le coaching. Et souvent, ce sont des gens qui ont dû faire face à un événement traumatisant ou douloureux, comment expliquer une telle attirance pour le métier?
Il y a une forme d'attraction car les personnes qui sont en crise ou en questionnement sont aidées efficacement par un coach et cela leur ouvre les yeux sur un domaine qui fait du bien: il y a cette découverte et intérêt pour le développement personnel, ça prend beaucoup de sens à cette période de leur vie.
Un élément qui explique aussi cet engouement est que ce métier est accessible sans formation universitaire, on peut se former au fur et à mesure en complément d'un autre métier.
Mais ceci n'est pas "suffisant" : le plus important est de partir de ses talents et de les relier à ses domaines d'intérêts. Lors de l'accompagnement, on peut déceler une attirance pour le développement des personnes mais si on n'a pas l'attitude et les compétences, cela ne fonctionnera pas pour exercer le métier de coach.
Nilay: Comment choisir une bonne école de coaching, quels sont les critères les plus importants ?
Je dirais le sérieux, l'expérience, les compétences des formateurs (en coaching et en formation / méthodes pédagogiques). La mise en pratique, l'expérimentation et les retours/feedbacks sur justement leur pratique et leur théorie. D'identifier son type d'accompagnement, de bien comprendre les limites du coaching.
Un autre point est le niveau d'entrée des participants. Certaines personnes s'inscrivent à ces formations car elles veulent débuter un parcours de développement personnel et elle n'exerceront pas le métier de coach. Avant tout : il faut mûrir l'attitude, la compréhension de l'homme, rester en formation et en inter/supervision, c'est un métier qui a un impact sur les vies des personnes accompagnée, c'est à prendre au sérieux! 10 jours de formation au coaching sans avoir rien fait d'autre ne suffit pas selon moi, cela demande de mûrir, de se nourrir de diverses approches, de cheminer soi-même, d'avoir une juste posture (pour ne pas projeter, nourrir son ego, prendre la juste distance) avoir un panel d'outils et des savoirs être et savoir-faire professionnels (empathie par ex.).
Nilay: Ayant déjà assisté à des présentations de formations de coaching, j'ai remarqué qu'elles sont généralistes, qu'il n’y a pas vraiment de distinction entre business coach et life coach, que faire si on veut se spécialiser dans de l’accompagnement professionnel ?
La formation que j'ai suivie à Paris n'existe plus. Je ne connais pas d'autre formation équivalente en Belgique, j'avais énormément cherché à l'époque. Certains organismes proposent des spécialisations (light : ex. 2 jours). Elles sont à faire en complément d'autres formations généralistes et ciblées.
Nilay: Et justement pour être un accompagnateur en reconversion professionnelle, ne vaut-il pas mieux avoir un background en ressources humaines ?
Pas forcément, un background "sur le terrain", peut être très formateur aussi. Certains sont anciens managers, ont des expériences dans des entreprises/organismes de diverses tailles, dans des secteurs différents… Je pense que le fait d'avoir pu baigner dans des sphères variées avec un regard "méta" sur les enjeux humains et organisationnels est très utile.
Nilay: Si je comprends bien, le métier de coach est alors destiné à des personnes qui ont déjà une certaine expérience, un certain vécu, ce n'est pas vraiment adapté à des profils juniors alors?
En tout cas, moi je constate que cette expérience m'a aidée et m'a nourrie dans mon métier. Je pense qu'avoir plus d'expérience aura plus de crédit, de légitimité. En même temps, vous n'aurez pas une réponse catégorique de ma part, je suis très nuancée ( à ce moment là, nous rions). Je pense que c'est difficile pour une personne qui sort de ses études de psycho de se positionner en coach, il "faut" une forme de maturité, c'est très d'aidant d'avoir eu des expériences professionnelles et de vie qui sont aussi formatrices.
Nilay: Les formations de coaching ont un certain coût et beaucoup disent qu’on ne vit pas uniquement avec des séances de coaching, est-ce que le coaching se limite à une activité complémentaire ou faut-il nécessairement le coupler avec d’autres activités pour en vivre ? (par ex donner des formations….)
Certains en vivent, cela dépend de la manière de pratiquer et des tarifs appliqués. Personnellement, j'ai à cœur de proposer des tarifs abordables. Je prépare et fais le suivi des séances, je n'enchaîne pas non plus les rendez-vous pour être vraiment disponible. Je dois donc équilibrer avec d'autres activités.
Nilay: Il y a beaucoup de coaches,surtout dans une grande ville comme Bruxelles, il paraît que c’est un milieu très concurrentiel, comment faire pour se démarquer ?
Plusieurs stratégies existent. Certains coaches vont avoir une visibilité plutôt "agressive", il vont faire de la promo, ils vont investir dans la forme.
D'autres développent leur présence sur le web, créent et participent à des groupes Facebook par exemple.
Pour ma part, le plus important est de suivre son fil, d'être aligné. Il s'agit d'assumer sa différence, il ne faut pas avoir peur de préciser sa spécificité. Je vois des coaches qui sont généralistes, qui ont du mal à s'en sortir. Il me semble plus bénéfique d'assumer sa spécificité, de montrer qu'on est cohérent et aligné, les personnes savent alors pourquoi elles viennent chercher vos services.
L'accompagnement professionnel
Nilay: Quel est le profil type d'une personne qui vient suivre un accompagnement avec vous? Que recherchent ces personnes ? Changer de métier ? Débloquer une situation professionnelle difficile ?
C'est très varié. Le point de départ est un questionnement ou une insatisfaction. L'impression par ex. de ne pas vraiment avoir fait ses propres choix et avoir envie de guider sa vie, prendre les rennes, se poser les bonnes questions. Ou une insatisfaction, par ex. une perte de sens, un non alignement avec ses valeurs, le fait de ne pas utiliser (ou trop peu utiliser) ses compétences/ses talents, … Cela peut être faire un choix (face à une proposition, voir clair dans sa carrière à moyen/long terme).
Un cheminement permet de se réapproprier ses compétences, sentir sa colonne vertébrale/son fil rouge, se projeter avec plus de clarté et de confiance et peut avoir pour conséquence de se réorienter ou d'ajuster un peu son poste, d'accepter (ou pas) un changement de poste, de s'engager dans des projets plus épanouissant (sans même changer de poste), de réajuster ses relations professionnelles, … ou bien sûr de se réorienter de manière plus assurée, avec confiance et solidité intérieure. Les bénéfices sont nombreux et au bénéfice de la personne et de son employeur!
Nilay: Lors de vos séances de coaching, vous utilisez, à côté du bilan de compétences et de ses outils classiques, d'autres types d'outils comme le génogramme, le photolangage, le collage, l'approche narrative, ces méthodes «originales » que permettent-elles de mettre en lumière?
La combinaison d'outils est une alchimie, une recherche que j'adapte à la personne, ses besoins/attentes, ses modes d'expression. J'essaie en tout cas de by-passer le mental, d'utiliser des méthodes intuitives et éventuellement créatives, qui permettent de découvrir du neuf sur soi plus que de "raconter" avec sa tête ce qu'on connait de soi . Ce qui a pour conséquence de laisser aussi parler ses tripes et son cœur et a pour avantage d'associer plaisir et efficacité.
Nilay: Quelle est la durée d'une reconversion? En combien de temps, peut-on changer de métier ?
Du jour au lendemain, en 15 ans… ou jamais? Le rythme de chacun est différent. L'important étant de tenir son fil (de ne pas lâcher ses convictions, envies), tout en respectant son tempo de changement, qui peut avoir à tenir compte de circonstances extérieures, de ressources matérielles, …
Nilay: Au fond Virginie, lorsqu'une personne vient vous voir pour se réorienter, est-ce qu'elle ne cherche pas quelque part à changer de vie ? Peut-on vraiment distinguer la vie professionnelle de la vie personnelle ?
C'est bien sûr très lié. Un cheminement professionnel peut avoir des répercussions sur ses hobbies, sur ses relations personnelles par ex. Le fait d'être plus au clair avec ses compétences, ses valeurs, ses intérêts, son mode relationnel va permettre à la personne d'être plus alignée dans tous les champs de sa vie. Inversement, le cheminement que je propose permet de puiser ses ressources dans sa sphère privée. Nous sommes "un", et nous développons des compétences en dehors de notre sphère professionnelle aussi, surtout quand nous n'arrivons pas à les vivre au travail. C'est très éclairant de les explorer. Par ailleurs, explorer son histoire personnelle, la manière dont on a construit sa représentation d'une vie professionnelle réussie permet de lever certains freins au changement et de se relier à des ressources liées à son passé ou à des liens importants. C'est libérateur et consolidant.
Nilay: A la fin d'un bilan que se passe-t-il pour vos "coachés"? Avez-vous des exemples concrets ? Que deviennent-ils?
Bien sûr, les exemples sont diversifiés. Je pense à une infirmière qui était responsable coordinatrice dans une association mais elle avait très envie de retourner sur le terrain, retrouver ce côté plus manuel et de lien avec les patients. Après son accompagnement, elle est devenue infirmière dans une maison médicale et elle est extrêmement heureuse de cela. Elle est restée dans la même formation, le même secteur mais elle s'est repositionnée différemment.
J'ai aussi accompagné des changements plus radicaux: j'ai coaché une personne qui a travaillé dans la publicité pour des grandes marques, qui avait l'impression de se pervertir dans son boulot, le management et l'objet du travail ne lui convenaient plus. A la fin du bilan, il est reparti avec le souhait de développer un projet artistique plus pointu.
Certaines personnes choisissent de rester dans leur travail initial, mais ont pu se reconnecter à du sens et à leurs compétences, et orientent différemment certains projets, certaines tâches, ce qui leur permet de s'épanouir à nouveau. D'autres peuvent faire un choix de lancer une activité complémentaire, d'accepter ou pas une nouvelle opportunité, conscients de ce qu'ils souhaitent pour leur vie.
Une reconversion permet de faire grandir sa confiance en ses aptitudes, et en sa capacité "d'aller vers", vu qu'on se reconnecte à quelque chose qui est motivant, qui nous fait vibrer, il y a une force qui naît, une forme de volonté, les personnes peuvent déplacer des montagnes en étant connectées à leurs convictions intimes. C'est un peu ce que vous faites, non? ( nous rions)
Nilay: Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui veulent se lancer en tant qu'indépendante ou relancer leur carrière ?
De se poser les bonnes questions, il ne s'agit pas de se reconvertir pour se reconvertir…
De trouver ses appuis intérieurs et extérieurs. Et de les nourrir, d'y rester connectée.
Intérieurs dans le sens de la confiance en soi et en son projet, de sa justesse, de rester en équilibre (et ne pas s'épuiser).
Extérieurs dans le sens d'être accompagnée par une personne de confiance et par un environnement soutenant, car c'est un parcours qui peut être éprouvant.
J'aime beaucoup la formule suivante "honorer le passé, embrasser le présent et créer le futur" : il s'agit en réalité de cela !
Nilay : Si des femmes veulent vous contacter pour que vous les accompagniez dans leur cheminement, elles peuvent le faire ?
Mais bien sûr, elles sont les bienvenues !
Et leurs compagnons et collègues masculins aussi 🙂
Un tout grand merci à Virginie pour cette interview et sa contribution au blog!
Que retenir de notre consoeur Virginie?
« Je n'aurais pas pu être indépendante à 25 ans vu mon histoire. Il y a une sorte de maturité dans le fait d'être entrepreneur: c'est un statut où l'on est pleinement responsable de toutes les facettes de sa vie professionnelle. Il y a une sorte de confrontation dans le sens que : "C'est à moi de trouver ce qui est juste pour moi, par ex. de me rémunérer de manière juste". Quand on est employé, on ne se pose pas toutes ces questions.
Je vois beaucoup d'employés qui travaillent dur, qui ne sont pas dans une situation confortable, ce n'est pas facile de ne pas être pleinement en accord avec des valeurs véhiculées par leur entreprise, avec le management. Il y a aussi une forme de confort dans le statut d'indépendant car il y a une forme de liberté.
Dans notre société, l'argent est devenu un sujet tabou. Le statut d'indépendant force à se positionner et se confronter à la question de la juste rémunération. C'est une belle opportunité pour pacifier et assumer sa relation à l'argent.
Beaucoup de gens qui sortent d'un bilan de compétences ne s'orientent pas dans l'entreprenariat. Je ne pousse pas les personnes à devenir entrepreneur, tout le monde n'a pas le profil d'un indépendant. Certaines restent dans leur poste et elles l'enrichissent. Elles sont très heureuses avec cela, le changement ne doit pas être forcément catégorique.
Lors d'un accompagnement, la personne ne vient pas "vierge", elle a eu des intuitions, des idées, des envies qui ont été mises en place dans la vie professionnelle ou extra-professionnelle. L'enjeu est de retisser le lien entre toutes ces aspirations, intuitions pour que la personne puisse mieux le percevoir et voir ce qu'elle veut en faire.
Etre coach est un métier où l'on peut continuer à se former à vie, où l'on peut découvrir de nouvelles approches, de nouvelles techniques, je pense qu'il est bon de rester curieux et ouvert, en constante évolution.
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